Réflexion approfondie sur l’illusion dans laquelle nous vivons et qui nous constitue.

Mis à jour : il y a 3 jours


L’illusion est partout, à la télé, à la radio, dans la rue, sur nous-même et dans la nature. L’illusion est paradoxalement une réalité que nous pouvons définir comme subjective (elles est personnelle, intérieure) puisque notre cerveau utilise l'imagination pour construire, projeter... Comme nous fonctionnons par croyance, nous aimons croire Père Noël et cela a autant de valeur que s’il existait vraiment pour notre cheminement interne. Cette stimulation de notre imaginaire est bénéfique au bon fonctionnement de notre mémoire tout comme à la réalisation de projets audacieux. La réalité subjective s’oppose à la réalité objective, par exemple nous sommes persuadés d’avoir un problème dans la gorge (subjectivité) mais les examens comme les radiographies démontrent que tout va bien (objectivité). La subjectivité est à traiter principalement par la médecine douce et la thérapie. L’illusion est nécessaire pour notre équilibre et il ne s’agit pas forcément de vivre en dehors de l’illusion au risque de passer le reste de sa vie désillusionné(e). De toute manière nous n’y échappons pas, et ceux qui pourraient croire le contraire sont toujours dans l’illusion d’une certaines manière, ils se voilent la face. L’illusion est saine, mais elle peut devenir problématique lorsque le différentiel entre notre quotidien et l’idée que nous nous en faisons est trop important, ou pas assez, car toute tension est nécessaire pour avancer et trop de tensions nous épuisent. En fleur de Bach, nous recommanderons Edelweiss ou Verveine pour les personnalités motivées par leur idéal de vie ou leur mission afin de les aider à lâcher-prise temporairement pour soulager la charge mentale. L’illusion nous aident principalement pour combler un vide matériel, relationnel et à fuir la morosité parfois du quotidien.

La magie d'Oz, les mécanismes de l'illusion.

L’illusion est présente dans la rue avec les vêtements que nous portons, sur les affiches publicitaires grâce aux idéaux diffusés et étudiés par des sociétés spécialisées dans la psychologie des consommateurs. Mais nous la retrouvons également à la télévision où les émissions en tout genre mettent en avant la réussite d’exploits réalisés par des jeunes sans que nous connaissions leur parcours et leur personnalité et qui nous semblent bien accessibles par simple jeu concours. Arrêtons-nous un instant sur ce dernier exemple. Que voyez-vous derrière le candidat qui remporte plusieurs milliers d’euros pour avoir d’une part été sélectionné parmi de nombreux participants (pour la plupart en grande majorité médiocres renforçant l’idée de sélection élevée et impressionnant le téléspectateur) et d’autre part pour s’être investi jusqu’à la fin du jeu, donnant l’impression par le montage des vidéos que le participant a parcouru un chemin semé d’embûches, de prédateurs et de compétiteurs. Il est alors perçu comme un survivant, un héros des temps modernes. Ce combat pour la victoire se passe déjà au plus profond de nous-même, au stade primaire, celui de la procréation ! En effet, le spermatozoïde le plus téméraire, le plus persistant, le plus chanceux et enfin l’élu (l’ovule lui autorise l’accès) pour donner naissance à un nouveau projet voulu à la base par la production (voir cet incroyable documentaire sur la course des spermatozoïdes). Et je ne peux m’empêcher de penser à un film, le Magicien d’Oz et l’histoire d’une jeune fille, Dorothy qui évolue dans un environnement protecteur (entourée d’hommes et vivant dans un endroit isolé). Elle baigne alors dans l’innocence jusqu’au jours où elle est confrontée à la méchanceté d’une voisine qui l’accuse d’avoir tué son chien. La membrane percée de son illusion de la vie la fait basculer dans un profond sommeil lui donnant accès à son monde intérieur dans lequel elle trouve refuge et dans lequel elle trouvera nombre d’allégories interprétées par les fameux 3 compagnons qui l’accompagnent dans son parcours initiatique intérieur. Nous retrouvons l’épouvantail qui représente notre besoin de valorisation et de concentration, l’homme de fer qui est fort physiquement mais vide intérieurement, sa rigidité l’empêche de s’articuler, et enfin le lion qui semble si puissant par son aura et qui manque cruellement de courage, force qu’il trouvera dans son cœur. Dorothy la protagoniste traverse les étapes du cheminement du héros qui s’est égaré et pourra acquérir sur son parcours hors piste des capacités naturelles qu’il développera telle que l’apprentissage, le courage, le renforcement, l’affrontement, la persévérance pour enfin atteindre son objectif et remplir sa quête, celle de reconquérir son trône au sein du royaume occupé par ce fameux magicien d’Oz, grand spécialiste de l’illusion. Ce personnage, peu représenté dans la version de 1939 est pourtant lui aussi une allégorie importante, celle donc de l’illusion. Pour résumer, il nous apprend à la fin du film, que sa grandeur, sa toute puissance au yeux du peuple est en fait le produit d’une mécanique structurelle en place au cœur même du royaume, toujours notre fameuse production. Lorsque la supercherie est découverte par Dorothy qui se confronte à lui, il prend la fuite dans sa montgolfière. Le spectateur découvre alors que derrière ce grand œil à la voix portante se cache un simple être humain mortel et vulnérable, une commune personne qui se protégeait derrière son costume, son rôle d’illusionniste tout puissant. Le trône étant libre, Dorothy peut alors sortir de son long sommeil d’une vie bercée par une vision du monde altérée et une conscience plus étendue des mécanismes qui produisent l’illusion. Et oui, notre grand gagnant du jeu concours est propulsé au sommet grâce aux nombreuses personnes de l’ombres qui travaillent pour lui et rémunérées par la production créant cette illusion de toute puissance aux yeux des admirateurs en manque d’admiration et d’exploration, mais aussi désireux de s'élever...

Le Magicien d'Oz - 1939

L'enfant adapté.

En tant que thérapeute de l’enfant intérieur que je suis, je nomme ce voile de l’illusion «enfant adapté» qui est l’expression d’une part en nous qui nous fige et nous oblige à vivre dans un refuge passé et qui cache en lui l’enfant intérieur doué et blessé, l’essence véritable de votre être. Dans le travail de l’enfant intérieur nous mettons en lumière l’existence de ce mécanisme, et le premier que nous expérimentons est celui de notre système familial. Du point de vue de l’enfant que vous étiez et qui vit toujours en vous adulte, telle une programmation de base ou les 20 premiers étages d’un immeuble dont la hauteur est celui de votre âge actuel, ce même phénomène s’opère lorsqu’il est en interaction avec les parents. Pour l’enfant, les grands magiciens sont bien son père et sa mère, ces deux personnes plus grandes que lui et qui orchestrent le système familial dans lequel vous avez atterri (l’enfant peut à l’inverse orchestrer son parents et développer ce sentiment illusoire de toute puissance sur le long terme s’il n’a pas eu de cadre autoritaire). Pour votre évolution psychique et sortir de l’emprise de cette manipulation, il faudra bien un jour que vos parents quittent le rôle qu’ils jouaient et que peut-être prennent ils encore plaisir à conserver aujourd’hui, même si vous avez 60 ans, même s’ils sont décédés. Ce voile trouble de l’illusion est apparenté à un placenta qui entoure le bébé, mais ici sur le plan psychique, c’est à vous de le percer pour découvrir la préciosité qu’il renferme : un être intègre, vulnérable et puissant. Derrière le costume de papa et de maman se cache, et vous ne pouviez pas le savoir petit puisque vous n'aviez pas expérimenté la vie d’adulte, une personne qui porte un prénom tout comme vous, une personne qui pense et qui ressent, une personne qui doute et qui prend des risques et que vous regroupiez derrière le mot «papa» ou «maman». C’est ce voile ci à lever, ce rideau de scène derrière lequel se cache la part fragile du parent (ou l’inverse pour le parent d’apparence faible). Il en est de même pour votre fratrie et vous également dans le rôle que vous teniez dans ce système familiale et qu’on vous a attribué, que votre rôle eut été celui du petit ou celui du grand, il n’en reste pas moins un rôle.

Pour prendre conscience de cela, je vous invite à réfléchir d’une part à l’âge que vous aviez concernant un souvenir auquel vous pensez en lisant cet article et le parent concerné (choisissez 1 personne). Quel âge a votre parent à cette époque ? Imaginez à présent que vous avez son âge, peut-être êtes-vous déjà plus âgé(e) aujourd’hui. Enfilez le costume du parent à l’âge que vous avez identifié et adressez-vous, en jouant la scène chez vous, à l’enfant que vous étiez en l’imaginant là, se tenant devant vous (vous pouvez demander à une personne qui vous accompagne d’incarner cet enfant pendant que vous faites le parent). Que ressentez-vous ? Êtes-vous la même personne au fond ? Remarquez-vous une différence dans les sentiments que vous percevez à incarner ce rôle ? L'enfant en face de vous peut-il se douter de ce que vous ressentez derrière ce costume ? Il est fort probable que rien n’a changé en vous si vous arrivez à le reconnaître. Chaque individu arrive sur cette Planète avec sa personnalité unique au monde, ce mélange de traits de caractère qui évoluent au fil des ans mais qui a une structure, un geste, lancé dès le départ. Votre corps évoluant lui aussi à son rythme, c’est en apprenant à l’utiliser par le biais du langage que vous avez développé, les mouvements qu’ils vous est possible d’exprimer votre personnalité. Ainsi, quelque soit l’âge, toute personne adulte a peur comme l’enfant, tout enfant a une vision consciente du monde qui l’entoure qu’il observe depuis l’étage de son petit immeuble. Voir d’en haut devient est simplement différent que de voir d’en bas, seul le point de vue diffère et la subjectivité est bien réelle, je ne vois pas la même chose que toi depuis mon étage... Tel est le message de Françoise Dolto qui nous encourage à voir l’enfant comme une personne; s’il vous dit qu’il voit des fantômes, pour lui, c’est tout simplement vrai. Sachez simplement l’accompagner pour communiquer avec eux par le dessin et armez-le de sa peluche et de sa combinaison protectrice ! Vous l’aurez donc compris, tout cela remet en cause la notion d’autorité qui peut concerner aussi bien l’enfant que le parent, l’autorité pouvant s’exprimer par le silence et l’absence de mouvements. Certains parents qui souhaitent imposer leur autorité peuvent très bien entendre cela et le reconnaître demande beaucoup d’humilité, de lâcher-prise ce qui je conçois est paradoxal au sentiment de puissance que vous procure ce rôle. Difficile au début, cela deviendra un exercice de style à terme. Je vous donne un dernier argument pour pousser la réflexion encore un peu plus loin (courage...). En fin de vie, c’est l’enfant qui a le véritable pouvoir sur le parent vieillissant. Demandez-vous pourquoi il est exigeant avec vous ? Pourquoi vous veut-il toujours à ses côtés ? Simplement pour sa sécurité et éviter de ressentir la peur (naturelle) de la fin qui approche, de ce sentiment de quitter un monde connu avec ses liens et ses repères vers un monde inconnu comme nous l’avons déjà expérimenté à la naissance basculant d’un monde intérieur et d’eau vers un monde d’air extérieur. Tel est le premier paradoxe de la vie ou dualité si vous préférez. Mon histoire veut qu'aujourd'hui je défende le fragile qui a besoin de protection, tâchez simplement de savoir demander de l’aide dans cet accompagnement au risque de devoir sacrifier votre vie. Cela n’est pas nécessaire, surtout que le parent avait bien les années qui le précédaient pour travailler sur lui... Rassurez-vous donc, vous n’avez pas à culpabiliser de ne pas assez bien faire pour le parent vieillissant, surtout s’il vous le font savoir, sachez mettre des limites à ce que vous entendez de blessant, ainsi vous êtes épargné(e) de son emprise négative. Le thérapeute rebelle que je suis vous invite à l’instar de Dorothy, enfin à taper du pied pour exister aux yeux de cette emprise maléfique et croyez-en mon expérience, vous vous protégerez et vous protégez également le parent mal vieillissant de son propre négatif. Il saura alors retrouver son filtre et ses peurs déborderont moins sur son entourage. Ce mécanisme existe à plusieurs niveaux, l’école, la société, le monde mais aussi vous-même...

La vie n’aime pas le vide.

Lorsque la réalité de l’expérience dynamique manque, le mental crée, produit des pensées, un schéma et vous vous faites un film, c’est cela l’illusion. Un jour, confronté à la réalité de l’expérience inédite, votre vie bascule et vous bouleverse parfois jusqu’à cette impression de couler ou chuter. Notre monde vit actuellement de plus en plus dans l’illusion : pendant que vous regardez la télé vous n’expérimentez pas la vie (surtout, pas de hors piste!). Vous y voyez des meurtres et ça vous rassure puisque vous vous pensez épargné(e) (ça n’arrive qu’à la télé). Vous y voyez également le meilleur et tout cela reste derrière l’écran, le même mécanisme utilisé par le Magicien d’Oz avec sa super production. Vous visualisez alors les grandes chanteuses, ces sirènes prêtes à plaire au plus grand nombre avec leur voix envoûtante. Toutes détiennent certainement une grande blessure, celle de l’absence du regard du père reconnaissant. Vous craignez alors la mort pour vos proches, la vôtre, celle de votre partenaire de vie car une société moderne y est rarement confrontée car sur-protectrice. Voyez-vous des morts dans la rue ? Non, ils sont encore à la télé ou à l’hôpital qui désinfecte tout et bande le sang ou la chair éventrée. La mort est déguisée, maquillée, embellie au cimetière, surtout ne souffrons pas ! Pourtant dans la nature, les animaux s’affrontent jusqu’à la mort et finissent dans l’anonymat et la solitude, les corps sont dévorés ou se décomposent. Mais pour l’homme cela est tabou, la douleur est condamnable et il croit qu’il peut y mettre un terme, illusoire, car la mort est. Personne n’y échappe, même l’inconnu en début de chaîne qui est allé plus loin que les autres. C’est pourtant en laissant exprimer la douleur que le voile disparaît et la conscience apparaît, de l’ombre vous passez à la lumière. La douleur expérimentée sera à terme intégrée, mieux gérée naturellement.


Allégorie de l'illusion

Sociétés de plus en plus modernes, systèmes de plus en plus complexes, sécurisés pour la survie d’une population qui sature, sur-protégée tout comme je l’ai été par mes parents. Ainsi je suis devenu tardivement un adulte mature ayant été protégé du danger extérieur et qui paradoxalement se situait à l’intérieur de ma structure d’accueil. Tout système craint le danger de l’extérieur et développe des stratégies de fuite ou de domination, un parent est nommé pervers ou dépressif, bourreau ou victime. Mais une autre voie existe, celle de la conscience élargie qui vous apaise et vous libère progressivement de la peur de mourir, de l’inconnu ou de manquer sans en vous libérer totalement, mais en en diminuant l'intensité du vécu. L’accès au monde vivant devient interdit, la conscience paraît dangereuse pour celui qui souhaite nous assujettir, voire nous asservir. Pas de manipulation forcément consciente, le sommet comme la base subit également les forces de son environnement intérieur et extérieur. Vous pouvez quitter un système défaillant pour un système que vous jugerez plus convenable, vous demeurez jusqu’à votre fin dans ces mêmes mécanismes du système. Il ne s’agit pas de sortir de l’illusion définitivement, c’est impossible à ma connaissance, mais de s’en extraire pour l’observer et y revenir pour mieux l’intégrer, tout comme j’ai quitté la France en la condamnant pour y revenir et l’aimer plus fort qu’avant malgré ses failles. L’illusion nous protège et nous paralyse, la liberté a ses limites ;)


Autres réalités de l'illusion.

- L'emprunt bancaire : grâce à lui vous accédez plus rapidement à la richesse matérielle (achat d'une maison, d'une voiture...). Si votre bien coûte 50 000 €, la réalité est celle de votre compte bancaire. Acquérir à l'aide de l'emprunt est un moyen d'obtenir ce que l'on souhaite plus rapidement, je vous invite cependant à prendre conscience de vos vrais moyens, car un trop grand différentiel crée beaucoup de tensions. Ainsi, l'arrivée d'un enfant, la répétition d'un modèle de vie (enfant, voiture, maison, cdi) peut-être au fond mal vécu dans sa vie d'adulte. Être plus modeste, plus humble, consommer à la hauteur de vos moyens réels vous apportera plus de douceur dans la vie quand votre sens des responsabilités vous demande de rembourser la somme due. Quelle soulagement malgré tout d'être arrivé au bout de ce cheminement, c'est bien ce que remarquent les parents à la retraite. Ce sentiment de sécurité et d'apaisement peut se travailler grâce aux outils de la sophrologie et de l'enfant intérieur pour une vie de consommation en phase avec sa personnalité.

- La relation de couple : les belles paroles que nous pouvons nous dire servent à créer des liens, les mauvaises à en défaire certains. Dire ce que l'on pense n'est pas toujours en accord avec ce que l'on fait, ce principe est universel. Peu de personnes peuvent exprimer la peur de perdre l'autre, les non-dits sont donc une forme d'illusion, tout comme le romantisme.

- L'attente d'un amour en retour d'un parent à notre vie adulte. Alice Miller explique très bien ce phénomène dans Ta vie sauvée enfin, ou Emmanuel et Marie-France Ballet de Coqueraumont avec Vos parents ne sont plus vos parents. Les conflits avec votre famille, votre couple ou vous-même à l'âge adulte et même déjà dans votre enfance naissent d'une attente illusoire, celle d'être aimé en retour comme nous l'avions imaginé depuis tout petit. L'enfant pense que l'adulte changera, c'est peine perdu, l'un des plus grands deuils à réaliser est ce lui de sortir de cette illusion.

- Des capacités de votre corps et de votre mental non explorées vous conduisent à chanter que vous auriez voulu être un artiste, une danseuse, un comédien, un grand chef d'entreprise. Malheureusement une vie ne suffit pas pour explorer la richesse infinie de ses capacités d'être, de faire et d'avoir, car l'homme le temps le limite. Je suis désolé, vous n'êtes pas immortel, mais dépêchez-vous de vivre une vie rêvée ;)


Thierry Régnier

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