Enfant intérieur : apprivoiser l'enfant en soi

Mis à jour : mars 3

La blessure première des blessures maîtresses de l'enfant est le manque d'amour. C'est le fait de ne pas s'être senti suffisamment comblé et digne d'amour dans les liens proposés.

Cet amour d'un bon père et d'une bonne mère qui nous a, à tous, tant manqué ne nous attend pas. Nous ne pouvons en guérir sans travail de deuil : aujourd'hui adulte, nos parents ne peuvent pas réparer ce qu'ils n'ont pas pu nous donner dans l'enfance. La preuve en est lorsque plus nous avons été le parent de nos parents, plus nous cherchons réparation à l'extérieur. Ce passé qui ne passe pas génère des comportements conflictuels, de provocation ou de victimisation auprès de notre partenaire de vie, de nos propres enfants, de notre famille, de notre employeur ou encore de la société. Cette quête illusoire tournée en dehors de soi nous épuise et nous éloigne de l'essentiel. La personne adaptée reste figée dans le passé et attachée aux fardeaux, elle ne peut guérir, c'est à dire développer un lien à soi bienveillant et construire une vie authentique.



Un cerveau qui protège

Nous vivons tous dans des schémas préconçus qui ne nous imposent ni réflexion ni prises de risques. La voie tout tracée vers laquelle nous avons été poussés inconsciemment ou consciemment par la famille nous coupe pourtant de celui ou celle que nous étions dans notre jeunesse. Cette demande d'adaptation aux exigences des systèmes familiaux est appelé enfant adapté. Il masque la souffrance plus profonde de celui qui a souffert et qui n'avait pas la maturité psychique pour accueillir et traiter la douleur. Par exemple à l'âge de 6 ans, nous cherchons naturellement à créer en faisant appel au rêve et à la magie. Cette part sera étouffée par des injonctions qu'Alice Miller appelle "pédagogie noire", c'est à dire des attitudes sans violences apparentes mais qui répétitives vont contraindre l'enfant à entrer dans le moule de la vision de l'éducateur. Les conséquences de tels actes font que nous analysons et rationalisons notre vécu adulte plus que de ressentir l'émotion qui en découle. Les stratégies de contrôle de nos émotions sont alors diverses. Le cerveau (droit) qui pense est dissocié du cerveau (gauche) qui ressent. L'enfant adapté est à l'image d'un cerveau qui protège. Nous sommes coupés et froids, sans aucune expression corporelle, les conversations demeurent en surface, dénuées de toute profondeur, nous restons dans les apparences. Et pour cause, l'enfant que nous étions n'avait pas la maturité psychique pour traiter la souffrance ressentie. C'est aujourd'hui, l'adulte qui peut apprendre à y répondre grâce à la thérapie de l'enfant intérieur.


La différence entre l'enfant intérieur et l'enfant adapté

Nous sommes tous constitués d'un enfant intérieur et d'un enfant adapté, d'un noyau, d'un cœur et d'une membrane qui enveloppe et protège. L'enfant intérieur est une image forte, elle est la mémoire de nos premières expériences de vie depuis notre naissance jusqu'à la fin de l'adolescence qui est la maturité du cerveau. Cette période est consacrée à la découverte de la vie mais également la pleine expression de soi, verbale et corporelle. L'enfant est par nature fidèle à lui-même, connecté à sa créativité mais également à ses blessures. L'enfant intérieur ne trompe pas, il ne ment pas, c'est notre véritable moi. Son authenticité permet d'exprimer ses besoins fondamentaux : besoin de sécurité, de liens, d'épanouissement, d'accomplissement, de créer, de restituer, etc. Le parent exposé à cette clarté de l'être est face à ses ombres qu'il n'a pas intégré et qui le terrifie puisque de son point de vue d'adulte, cela trahirait ses limites de contrôle sur l'enfant. Aveux de faiblesse particulièrement douloureux à reconnaître et pourtant salvateur quand nous avons tendance à accuser les autres de nos difficultés.

Cette rencontre entre l'enfant et l'adulte développe alors l'enfant adapté qui lui est tourné vers l'extérieur. C'est un masque (victimisation, persécuteur, provocateur...) qui dissimule l'enfant intérieur au travers de nombreuses stratégies d'adaptation comme rester soumis à un partenaire, effacer sa personnalité, ne pas être vivant face à une mère dépressive, ravaler face à l'autorité d'un père... Ce masque ne quitte plus l'adulte qui s'en sert dans sa vie professionnelle et intime. Ce n'est pas un problème en soi puisque nous avons besoin de filtre pour construire et préserver. C'est lorsque nous sommes en sur-adaptation que cela peut devenir pathogène.



Apprivoiser l'enfant en soi

Apprivoiser son enfant intérieur c'est ne plus faire semblant d'être toujours fort ou infaillible, parfait. Des personnes qui viennent me voir en cabinet se demandent pourquoi à leur âge elles ressentent encore telle vive émotion ou telle détresse, comme si plus nous prenons de l'âge plus moins nous devrions ressentir la douleur. L'accueil de sa fragilité qui se manifeste par toutes ces sentiments de vide, d'infériorité, d'impuissance est une posture envers soi bienveillante, celle d'un bon parent qui nous accepte tel que nous sommes, sans attentes. Et tant que nous demeurons au service de l'autre, nous sommes coupés de ce qui nous relie à l'unité de la vie et à l'amour. Un enfant n'a pas besoin de famille, un enfant a besoin de bons liens qui vont le mener à vivre sa vie et se sentir complet, libre et épanoui, vulnérable et empathique.


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